Dimanche 11 janvier 2009
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LES acteurs de la recherche en économie et gestion se sont donné rendez-vous mercredi soir pour la remise des trophées du prix de L’Economiste pour la recherche qui a
choisi pour thème «La stratégie de l’innovation». Dans une salle comble, l’émotion était forte. «Ce prix est une véritable motivation pour aller encore de l’avant», déclare Imane Wahdani, primée
dans la catégorie licence/bachelor. Pour Saloua Soussi Abdallaoui, lauréate du trophée catégorie master en binôme avec Rajaâ Maghrabi, c’est un prestige de recevoir ce prix et une belle
reconnaissance pour un travail qui aurait pu passer inaperçu. Pour l’avenir, les deux lauréates pensent déjà étudier la possibilité de la publication de leur travail. «Nous avons déjà discuté lors
de la cérémonie de remise des trophées d’un éventuel démarrage d’un cycle doctoral à l’Iscae. Ce type de prix donne des ailes», déclare Soussi. Rajaâ Maghrabi porte l’innovation à cœur. «C’est mon
travail en tant que chef de service recherche au sein de la division recherche et innovation au ministère du Commerce. Nous avons l’espoir que l’innovation puisse être une clef de réussite pour
certaines entreprises».
Coup de théâtre. Le jury a décidé de réserver le prix de thèse de doctorat.
Driss Alaoui Mdaghri, président du jury, explique les raisons de cette décision. «La qualité des travaux a été très inégale comme d’habitude. Si, au niveau des mémoires de master et de licence, on
a eu quelques bonnes surprises, au niveau des thèses de doctorat, deux seulement sortaient du lot. Le jury a néanmoins décidé de réserver le prix de thèse, les sujets traités ne nous paraissant pas
tout à fait en cohérence avec les orientations que nous voulons donner à la recherche à ce niveau». Le jury entend envoyer un signal en direction de la communauté des chercheurs quant à ses
attentes. Le président, lors de son intervention, a réitéré ses conseils en direction de la communauté des chercheurs. Rigueur de la méthode, originalité, enracinement dans la réalité locale,
effort de rédaction et de présentation (voir tribune page 32 et 33). Pour Ahmed Rahhou, PDG de Lesieur Cristal et membre du jury, l’impression est la même. «Notre rôle n’est pas de réévaluer des
travaux ayant déjà obtenu des diplômes, mais de distinguer ceux qui apportent un plus à la collectivité. Les attentes quant à la thèse de doctorat n’ont pas été totalement satisfaisantes même s’il
y a un effort dans les préoccupations de terrain». En tant que chef d’entreprise, ce dernier attend des chercheurs et des institutions de donner des moyens de comprendre l’environnement marocain
tout en apportant un éclairage économique. «Dans les travaux de doctorat, on ne trouve pas de corrélation entre théorie et réalité marocaine».
Sommet de l’innovation
L’intervention de Ali Guédira, conseiller du ministre du Commerce et de l’Industrie, quant à la pertinence de la recherche et de l’innovation dans un pays comme le nôtre, n’a pas manqué de
passionner l’assemblée. «L’innovation doit démarrer tôt. C’est un processus risqué mais on ne peut pas devenir un pays développé sans innover». Le potentiel existe, avec 6.000 chercheurs en
sciences et techniques et des dépenses en R&D respectables représentant 0,9% du PIB. Le problème? Les institutions qui devraient produire en moyenne 400 brevets par an n’en produisent que 40.
Il faudra donc être plus productif. Pour ce faire, le ministère lance le Morocco Innovation Initiative pour définir le plan d’action pour la promotion de l’innovation. Des ateliers regrouperont
acteurs privés, chercheurs, ministères et passionnés. Les résultats seront bientôt présentés lors d’un sommet de l’innovation.
Fil conducteur
- Trophée licence/bachelor: c’est Imane Wahdani, lauréate de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales, Université Hassan II de Mohammédia, qui a été primée pour son travail sur
«Intelligence économique et veille stratégique: cas du Maroc». Elle y aborde, dans le volet théorique, les enjeux de l’émergence de l’économie du savoir ainsi que la démarche de la mise en place
d’une cellule de veille pour s’attaquer, dans le volet étude de cas, à la pratique de l’intelligence économique dans les entreprises et administrations marocaines. Un travail applaudi unaniment par
le jury car basé sur une série d’entretiens avec des professionnels sur le sujet.
- Trophée master: c’est le tandem Rajaâ Maghrabi et Saloua Soussi Abdellaoui, diplômées de l’Iscae, qui a raflé le trophée à Faissal Lefrere, le second nominé au prix. Le thème choisi
«Modernisation compétitive du secteur du textile et habillement: approche fondée sur l’innovation» s’inscrit dans les difficultés que rencontre actuellement le secteur. Le travail tend à analyser
les conditions pour favoriser l’instauration d’une dynamique de valorisation de la R&D et de l’innovation dans le secteur. Il vise, par là, la recherche de l’amélioration des capacités
concurrentielles des entreprises marocaines par le biais de l’innovation face à la montée en puissance asiatique.
- Pour son coup de cœur de cette année, le jury a choisi de récompenser Abdellah Oualdelmeskine pour son travail sur «Interférence entre audit interne et réglementation dans le secteur du
microcrédit au Maroc». L’étude pose un certain nombre de questions sur la réalité et l’avenir de ce secteur pour le pérenniser et le sécuriser.
Par La Marocaine
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Publié dans : Actualités
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